Nous proposons cette page à titre introductif afin que nous relisions d’où nous provenons.
Selon les milieux culturels, les Hema sont nommés « Bakobe », « Bahuma » (signifiant Eleveurs) de l’ethnie Oromo majoritaire en Ethiopie, au Nord et à l’Est du Kenya, « Bahima », « Banyoro », « Batoro », « Bahema », ou encore « Ji ». D’autres littératures les nomment aussi Galla venus de l’Arabie du Sud-Ouest.
Les Bahema de l’Ituri s’expriment d’une part en langue soudanaise Bbadha, une variante de Baledha (essentiellement en Territoire de Djugu), d’autre part en langue « Runyoro ou Orunyoro » (principalement en Territoire d’Irumu). Le « Runyoro » est une langue bantoue apparentée à certaines langues des peuples de l’Ethiopie, notamment l’Oromifa.
Notons que les Hamites éthiopiens comprenaient les Somali, les Galla ou Oromo, les Danakil, les Afars, les Sala et les Belin dont le territoire d’origine proche est l’actuelle Somalie et l’Ethiopie du Sud, principalement l’Abyssinie. L’Ethiopie {Aethiopia} servit d’une importante plaque économique avec l’Arabie du Sud, et de métissages se seraient réalisés également, au cours de générations et durant de millénaires, avec de Bantu et de Nilotiques, notamment dans le Haut-Nil, le Bahr-el-Ghazal, les plateaux éthiopiens, et la vallée de l’Omo (Nord-Ouest du Kenya) avec les Booran.
Les Bahema auraient connu leur foyer originel dans l’Arabie du Sud où ils connurent de métissages biologiques prononcés avec de Sémites (Juifs) de la Haute Egypte, et aussi avec certains éléments négroïdes rencontrés dans le Haut-Nil. Ils auraient traversé la Mer Rouge pour s’installer en Somalie, en Ethiopie et au Soudan méridional… Pour de raisons politiques, économiques, démographiques ou culturelles, difficiles à saisir, la plupart des groupements nilo-hamitiques ont perdu leurs langues au profit de celles des peuples conquis » dans la région. Les Hamites de la Corne de l’Afrique, de la Région des Grands Lacs et des Hauts plateaux de l’Ethiopie rassembleraient notamment les Afars ou Danakil, les Galla (Oromo), les Ankole, les Tutsis, les Bahuma, les Bahima, ou les Bahema, les Somalis du Sud-Est et les Nubiens du Nord-Est, tous d’origine couchitique. Ces peuples n’ont pas un même foyer culturel et de dispersion.
Regroupés sous le terme inadéquat de ’Hamites’, ces groupes ont peut-être des origines très variées, malgré l’existence de certains caractères communs de beaucoup d’entre eux : stature élevée, forme particulière du crâne, etc… Et dans leurs mouvements, ces populations se sont intégrées à d’autres et ont très souvent adopté la langue et les institutions de ceux au milieu desquels elles se sont installées. Souvent, elles préservent leurs caractères physiques, en formant des clans dominants sans se marier avec les premiers occupants du pays.
De plus, il est faux de considérer ou d’assimiler les Bahima/Bahema aux Nilotiques. Car ils ne sont pas les descendants du fleuve Nil, ni ses riverains. Selon certains ethnologues, les Bahema purs sont de formation mixte négroïde-europoïde. Et les Bahema actuels sont le résultat d’un métissage plus ou moins prononcé. Ils conservent néanmoins un type somatique caractéristique. Ils sont associés aux populations de type éthiopien arrivées en Afrique au paléolithique récent, soit il y a quelques dix mille ans déjà.
Dans la région d’Ethiopie, les Bahema étaient établis surtout à l’Est des lacs éthiopiens centraux et méridionaux, leur véritable habitat primitif. Cet habitat se trouvait approximativement dans le massif éthiopien septentrional, en fait les plateaux des Gallas. Caractérisé par un climat tropical et équatorial d’altitude, la région était plus favorable à l’élevage de gros bétail. En plus de l’élevage, les Bahema développèrent également la culture de céréales dans cette région de plateaux du Sud-Est éthiopien dont le sorgho et le millet à l’aide des houes entrelacées.
L’émigration des Bahema vers le Sud aurait commencé plus vraisemblablement au début du 1er millénaire à la suite de mouvements de déplacements des autres peuples pasteurs en provenance des plateaux du Nord et du Nord-Ouest de l’Ethiopie. Ces derniers peuples étaient à la recherche de nouvelles terres de pâture. Cette émigration des Bahema était le tout premier mouvement connu qui emprunta le fossé tectonique oriental, aussi approprié pour faire paître le bétail.
Dans la deuxième partie de cet article, nous aborderons les processus de déplacements vers le Sud à partir du XIIIème siècle. D’autres suggestions ou appréciations sur l’article seront les bienvenues.


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